Frise chronologique
1620
Début de la construction
Début de la construction
1620 (≈ 1620)
Chapelle des carmes déchaussés.
1623
Inauguration initiale
Inauguration initiale
1623 (≈ 1623)
Sous le vocable de Saint-Joseph.
1806-1807
Reconsécration paroissiale
Reconsécration paroissiale
1806-1807 (≈ 1807)
Sous le vocable de saint Exupère.
3 mai 1974
Classement monument historique
Classement monument historique
3 mai 1974 (≈ 1974)
Église et cloître protégés.
2011
Classement de l'orgue
Classement de l'orgue
2011 (≈ 2011)
Buffet et partie instrumentale.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Exupère (ancienne chapelle du couvent) (cad. AB 6) : classement par arrêté du 3 mai 1974 ; Façades et toitures sur cour des galeries subsistantes de l'ancien cloître (cad. AB 5) : inscription par arrêté du 3 mai 1974
Personnages clés
| Jean-Louis de Bertier - Évêque de Rieux |
Inaugure l’église en 1623. |
| Didier Sansonnet - Architecte |
Auteur du plan de l’église. |
| Gervais Drouet - Sculpteur |
Statue de Saint-Joseph (1658). |
| Thibaud Maitrier - Sculpteur |
Statues du chœur (XVIIe). |
| Jacques-Pascal Virebent - Architecte |
Transformation du chœur (1807). |
| Théodore Puget - Facteur d’orgues |
Orgue de 1887. |
Origine et histoire
L’église Saint-Exupère, située dans l’ancien quartier de Saint-Michel à Toulouse, est un édifice baroque construit à partir de 1620 comme chapelle pour les carmes déchaussés, un ordre religieux issu de la réforme du Carmel. Inaugurée en 1623 sous le vocable de Saint-Joseph par Jean-Louis de Bertier, évêque de Rieux, elle fut désaffectée pendant la Révolution française avant d’être rendue au culte en 1807. À cette date, elle fut consacrée sous le nouveau vocable de saint Exupère, un évêque toulousain du IVe siècle, et subissant des transformations pour s’adapter à sa fonction paroissiale, notamment par l’architecte Jacques-Pascal Virebent.
Le monument se caractérise par son plan attribué à l’architecte Didier Sansonnet et sa façade ornée d’une statue de Saint-Joseph et de l’Enfant Jésus, sculptée par Gervais Drouet en 1658. À l’intérieur, le chœur abrite des œuvres remarquables, dont un Christ en Croix classé, des statues en bois peint de Thibaud Maitrier (première moitié du XVIIe siècle), et des peintures de Gaétan Ceroni (1838). La nef, décorée de gypseries et de toiles des XVIIe et XVIIIe siècles, inclut des œuvres comme La Transverbération de sainte Thérèse d’Avila par Antonio Verrio. L’orgue, construit en 1887 par Théodore Puget, avec son buffet baroque sculpté par Virebent, est classé depuis 2011.
Classée monument historique en 1974, l’église conserve également des traces de son passé conventuel : trois galeries de l’ancien cloître subsistent, partiellement intégrées au Muséum d’histoire naturelle de Toulouse depuis le XIXe siècle. Ce dernier, installé dans les bâtiments du couvent dès 1861, a connu plusieurs extensions et rénovations, dont une restauration majeure en 2008. Le cloître, transformé en atrium, illustre aujourd’hui l’alliance entre patrimoine historique et modernité architecturale.
Les éléments protégés incluent l’église elle-même, ainsi que les façades et toitures des galeries du cloître, inscrits par le même arrêté de 1974. Parmi les objets classés figurent des tableaux, comme La Sibylle érythréenne de Jean-Baptiste Despax ou La Vierge et l’Enfant Jésus apparaissant à un religieux carme (XVIIe siècle), ainsi que des décors intérieurs et le buffet d’orgue. Ces protections soulignent la valeur artistique et historique de l’édifice, témoin des évolutions religieuses et urbaines de Toulouse.
L’histoire de Saint-Exupère reflète aussi les bouleversements politiques et culturels de la France. Désaffectée pendant la Révolution, elle fut réinvestie comme lieu de culte sous le Concordat, marquant un retour à la pratique religieuse après les secousses révolutionnaires. Son intégration partielle au Muséum au XIXe siècle symbolise la réaffectation des bâtiments conventuels à des usages scientifiques et éducatifs, une tendance commune en Europe à cette époque. Aujourd’hui, l’église reste un lieu de culte actif tout en étant un site patrimonial majeur de la ville.